L'EXPLORATION

L’exploration des ressources conventionnelles


Les gisements conventionnels sont des accumulations localisées et bien définies de gaz naturel. Le gaz est piégé dans des réservoirs structuraux ou stratigraphiques ayant des caractéristiques réservoirs bien établies où le contact entre les différentes phases (gaz-pétrole-eau) est bien identifiable. Ces gisements, une fois découverts, sont habituellement faciles à exploiter.

Il existe de par le monde des dizaines de types de gisements conventionnels. L’exploration des ressources conventionnelles pour le Québec se regroupe en quatre types :
  • Les zones d’effondrement dans les carbonates (type South-Central New York ou Albion-Scipio, Michigan)
  • Les écailles de chevauchement (type St-Flavien)
  • Les dolomies (type Arbuckle, Arkansas et Ellenburger, Texas)
  • Les grès paléozoïques (type Innerkip, Ontario, Glenwood-St.Peter, Michigan ou les grès appalachiens de Pennsylvanie-Ohio)
Les zones d’effondrement dans les carbonates sont actuellement des cibles d’exploration très populaires depuis les récentes découvertes de gaz naturel dans l’état de New York par une filiale de la compagnie Talisman Energy. Les mêmes unités géologiques (TBR : Trenton et Black-River) et les mêmes structures (zones de failles d’extension et de décrochement) qui contiennent les prolifiques gisements de New York existent dans les Basses-Terres du Saint-Laurent. Les gisements sont contenus dans des réservoirs de roches carbonatées qui ont été altérées et dolomitisées par des fluides hydrothermaux créant ainsi une dépression et une augmentation de porosité disponible dans le massif rocheux. Les études récentes et l’évaluation de certains puits des Basses-Terres du Saint-Laurent démontrent que les mêmes processus ont agi au Québec. De plus, les études géologiques de surface récentes ont démontré que des processus similaires sont reconnus en Gaspésie dans les roches siluriennes et dévoniennes. Les résultats du puits Galt no.3 et Baillargeon no.1 ont également prouvé l’existence de brèches hydrothermales poreuses et perméables en profondeur.

Les meilleurs exemples de gisements gaziers ordoviciens produisant à partir de zones dans les écailles de chevauchement sont situés en Oklahoma dans le bassin d’Anadarko. Certains gisements comme celui de Sterling comptent des réserves de plus de 25 Bcf de gaz naturel récupérable. Dans ce bassin déformé et chevauché, les unités réservoirs sont soit les carbonates ordoviciens (équivalents Trenton et Black-River) ou les dolomies ordoviciennes (équivalentes du Beekmantown). Au Québec, le gisement de St-Flavien se classe dans ce type tout comme le prospect de St-Simon.

Plusieurs productions gazières des Appalaches et du Sud-ouest des États-Unis proviennent des unités dolomitiques de l’Ordovicien Inférieur. Cette unité dolomitique s’étend du Texas jusqu’à la côte du Labrador. Ces unités sont équivalentes au Groupe de Beekmantown du sud du Québec. Depuis la fin des années 80, plusieurs gisements importants ont été mis en valeur dans ce type de formation en Oklahoma, en Arkansas et dans le nord du Texas et sur la côte du Labrador. Les dolomies du Groupe de Beekmantown ont été parmi les strates les plus prospectives pour l’exploration pétrolière et gazière au Québec. Les dolomies présentent, en sous-surface, des propriétés pétrophysiques intéressantes et ce, autant dans les séquences allochtones qu’autochtones. Au cours des années 70 et 80, SOQUIP a testé quelques objectifs dans les dolomies.

En Ontario, depuis près de cinquante ans, le gisement d’Innerkip dans la région de Kitchener a produit plus de 25 Bcf à partir des grès cambro-ordovicien. On retrouve ces mêmes grès poreux au Québec le long de la rive-nord du Saint-Laurent. Plusieurs grès de même type sont également des zones de production dans diverses parties du bassin des Appalaches. Au Michigan, on dénombre 36 champs gaziers dans les grès ordoviciens de l’assemblage Glennwood-St. Peter. Les réserves par puits atteignent 2 à 14 Bcf et les propriétés réservoir de la formation vont de passables à excellentes (jusqu’à 15% de porosité et plus de 100 mD de perméabilité).

Plusieurs indices de gaz ont été intersectés dans les grès au Québec sans toutefois faire l’objet d’un développement plus étendu. Dans la seule région du gisement d’Innerkip, plus de 250 puits ont été forés, c’est plus que le nombre total de puits forés dans l’ensemble des Basses-Terres au Québec.

Placé dans son contexte nord-américain, le bassin sédimentaire du Québec se compare à plusieurs bassins où des découvertes importantes d’hydrocarbures ont été faites, particulièrement au cours des dernières années.
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